L’alimentation du chien

L'alimentation du chien

Ce que l'on sait

Le chien est un carnivore non strict, son alimentation est donc principalement basée sur la consommation d’animaux (peaux, muscles, graisses, os, viscères) mais il peut consommer certains glucides, fruits et légumes.  Comme son ancêtre lointain le loup, il est capable de digérer les protéines et les graisses animales qui constituent la base de son alimentation. Mais grâce à des siècles de domestication, le chien a également acquis la capacité de digérer l’amidon cuit, ce qui est une adaptation du chien moderne à son mode de vie au contact de l’Homme.

La bouche du chien comporte 42 dents dont : 12 incisives, 4 canines, 16 prémolaires et 10 molaires. Les 4èmes prémolaires de la mâchoire supérieure ainsi que les 1ères molaires de la mâchoire inférieure sont appelées « carnassières ». Ce sont elles qui sont chargées de déchirer la viande.

https://monvet.com/fr/fiche-informative/357/les-dents-des-chiens

Une fois les aliments ingérés par la bouche, mastiqués et enrobés de salive, le bol alimentaire poursuit son chemin à travers l’œsophage puis arrive dans l’estomac.

L’estomac du chien est simple, c’est-à-dire qu’il n’y en a qu’un seul (contrairement aux ruminants par exemple). C’est un réservoir volumineux et extensible, il se remplit et met plusieurs heures à redistribuer les aliments à l’intestin grêle. Le pH est très acide (environ 1). Sous l’action de la pepsine et de l’acide chlorhydrique, les protéines et les graisses sont digérées dans l’estomac.

Le bol alimentaire arrive ensuite dans l’intestin grêle. C’est un segment assez court chez le chien, la digestion dans cette portion dure environ 1h. Grâce à l’action enzymatique des sucs digestifs, biliaires et pancréatiques, les protéines, les graisses, les glucides, les vitamines et les minéraux sont digérés.

Le transit se poursuit dans le gros intestin : ici, la digestion dure environ 12h et se fait grâce aux bactéries et au microbiote. C’est le lieu de synthèse des acides aminés et de la vitamine B12. Cependant, le chien ne va pas pouvoir profiter de ces nutriments car ils sont activés juste avant l’excrétion fécale.

https://www.mplabo.eu/fr/mon-chien/troubles-digestifs/mon-chien-ne-fait-plus-ses-besoins/le-tube-digestif/

Les apports varient suivant la taille, la race et l’activité du chien. Les vétérinaires conseillent un apport de : 
  – Minimum 25% de protéines brutes (elles sont essentielles à la croissance, la gestation, la lactation, la production d’enzymes, d’hormones et d’anticorps)
  – 12-18% de lipides
  – 30-40% de glucides
  – Moins de 5% de fibres/cellulose
  – Moins de 9% de cendres/matières minérales
  – 6-8% de minéraux (phosphore, calcium, potassium, chlorure de sodium, magnésium, zinc, iode, fluor)
  – Des vitamines : A, D, E, K

Ce que l'on en déduit

Dans l’intestin grêle, de nombreuses enzymes (lipase, amylase, maltase, saccharase) permettent la digestion des graisses, des glucides et de l’amidon mais uniquement de l’amidon cuit ! Le chien ne possède pas d’enzyme digérant l’amidon cru !

L’amidon n’est pas obligatoire dans la ration de votre chien. Les chiens ont la capacité comme l’humain de pouvoir survivre sans glucides en synthétisant le glucose à partir d’acides aminés issus de la digestion des protéines.
Donc, attention aux sources de glucides apportées par l’alimentation de votre chien ! S’il s’agit d’amidon cru comme des céréales, votre chien ne sera pas capable de les digérer !

L’enzyme lactase est présente en très faible quantité chez le chien adulte : ce qui le rend intolérant au lactose et donc aux produits laitiers !

Les omégas 3 et 6 sont des acides gras essentiels et donc très importants dans l’alimentation de votre chien. Ils peuvent être apportés par l’intermédiaire d’huiles (poisson ou lin pour les omégas 3 / maïs, tournesol, pépins de raisin pour les omégas 6).

L’arginine et la lysine sont 2 acides aminés (ce qui constitue les protéines) indispensables au chien et qui doivent être apportés par l’alimentation.

La vitamine C n’est pas indispensable aux carnivores car elle est fabriquée par le foie.

Attention au rapport phospho-calcique (Ca/P) : il ne doit pas dépasser 1,5. Un excès de phosphore peut induire une hyperparathyroïdie et donc une déminéralisation osseuse. Le corps puise le calcium dans les os pour assurer les fonctions vitales. A contrario, un excès de calcium va encourager la minéralisation des reins et entrainer des calculs ou urolithiases.

D'un point de vue ostéopathique

Le chien manifeste rarement une douleur de façon audible, que ce soit une douleur articulaire, musculaire ou viscérale. Cependant, certains signes peuvent vous alerter d’une douleur viscérale : une perte d’appétit, un chien qui semble abattu, un abdomen gonflé, un chien qui se couche toujours du même côté en étant enroulé sur lui-même, qui se regarde les flancs, qui se lèche l’abdomen, des vomissements, une constipation ou une diarrhée, …

Ces signes doivent vous alerter et s’ils durent ou empirent, vous devez vous rendre chez votre vétérinaire : il peut s’agir d’une gastrite, d’une colite, d’un virus, d’une infection ou encore d’un retournement d’estomac.

Heureusement, dans la majorité des cas, il s’agit de signes de douleur sans cause infectieuse, virale ou inflammatoire.

Lorsque votre chien respire, le diaphragme (un muscle en forme de coupole entre le thorax et l’abdomen) va se contracter et se décontracter. Cela provoque un mouvement des viscères de votre chien et surtout de ceux en contact direct avec le diaphragme, c’est-à-dire le foie, la rate et l’estomac.

Si votre chien présente une dysfonction vertébrale, le diaphragme (qui s’insère notamment sur les lombaires) peut être impacté et ne plus se contracter comme il faut. Les organes ne bougent plus correctement et perdent alors de la mobilité. Cela peut engendrer une dysfonction viscérale.

D’autre part, les viscères sont innervés par les nerfs grands et petits splanchniques qui sortent entre les vertèbres. Une dysfonction vertébrale peut donc entrainer directement (sans l’intermédiaire du diaphragme) une dysfonction viscérale.

Enfin, si l’alimentation n’est pas adaptée, qu’elle est trop riche en amidon cru par exemple, cela peut entrainer une inflammation de l’estomac et donc une diminution de sa fonction et de sa mobilité.

D’après A.T. Still, « La structure gouverne la fonction. », si la structure et l’intégrité d’un viscère, d’une vertèbre, d’un muscle, d’un nerf, d’une artère, d’une veine, d’un os ne sont pas intactes, sa fonction ne pourra pas être réalisée correctement.

En ostéopathie, grâce à des techniques viscérales, fasciales et tissulaires, je vais pouvoir redonner de la mobilité aux viscères de votre chien. Je vais également corriger les dysfonctions vertébrales qui pourraient causer des dysfonctions viscérales.

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la nutrition de votre chien (beaucoup plus poussé) : http://vetbrain.fr/wp-content/uploads/2020/06/2ed22b-Nutrition_veterinaire_S-Lefebvre-bw.pdf

Si vous souhaitez en apprendre plus sur le mécanisme de la douleur viscérale : https://www.lepointveterinaire.fr/publications/le-point-veterinaire/article-canin/n-310/physiopathologie-de-la-douleur-viscerale.html

Sources : enseignement en nutrition de l’IFOA, Mémento de zootechnie – J.P Vaissaire -2014, MonVet, Equilibre et instinct, Vétérinaire des 4 vallées

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