L’alimentation du cheval

L'alimentation du cheval

Ce que l'on sait

Un peu d’anatomie …

Le cheval est un mammifère herbivore : « se nourrit exclusivement ou presque de plantes vivantes ou séchées ». On distingue 2 types d’herbivores : les ruminants (comme la vache) et les non-ruminants dont le cheval fait partie.

Les herbivores non-ruminants, comme le cheval, sont dits monogastriques : leur estomac n’est constitué que d’une seule poche (d’un volume de 15-18L) dans laquelle a lieu la digestion. Leur intestin grêle est long et étroit. Le cheval n’a pas de vésicule biliaire, la bile est donc produite en continu par le foie et est déversée dans l’intestin grêle. Ces particularités anatomiques l’obligent donc à s’alimenter en continu, en petites quantités tout au long de la journée. A l’état naturel, le cheval passe environ 15h/jour à brouter de l’herbe.

La digestion :

Elle a lieu en 4 étapes :
 – La première étape a lieu dans la bouche. Le cheval va saisir les aliments grâce à ses lèvres et va couper l’herbe grâce à ses incisives. Il va ensuite mastiquer et broyer l’herbe grâce à ses mâchoires équipées de prémolaires et de molaires. La salivation va permettre de faciliter le passage des aliments dans l’œsophage mais également de commencer la digestion. Enfin, la déglutition va envoyer le bol alimentaire vers l’œsophage.

Le bol alimentaire transite à travers l’œsophage, un long et étroit conduit, jusqu’à l’estomac.

 – La deuxième étape se déroule dans l’estomac. Cet organe se remplit au 2/3 et se vidange au fur et à mesure de l’ingestion d’aliments.

Ici, la digestion chimique des aliments commence grâce aux sucs gastriques (principalement de l’acide chlorhydrique), ils vont permettre d’activer plusieurs enzymes qui vont digérer les protéines. Du mucus et des bicarbonates sont produits dans les sécrétions gastriques afin de protéger la paroi de l’estomac de l’acidité.
Les aliments riches en amidon vont induire une fermentation microbienne dans l’estomac et ainsi augmenter l’acidité du milieu. Ceci est également vrai dans les périodes de jeûne prolongé où le cheval ne produit pas assez de salive pour compenser l’acidité de l’estomac.

D’autre part, l’activité bactérienne due à la présence de bactéries amylolytiques (qui dégradent l’amidon et produisent du lactate) va amorcer la digestion des glucides par fermentation. Cependant, il n’y a pas de bactéries fibrolytiques dans l’estomac du cheval, la cellulose n’est donc pas digérée dans ce compartiment.

 – La troisième partie a lieu dans l’intestin grêle. La digestion chimique continue ici grâce à la bile (qui provient du foie), au suc pancréatique (du pancréas) et aux sucs intestinaux. La digestion enzymatique va donner des nutriments énergétiques et des nutriments protéiques. L’activité bactérienne vue précédemment continue dans ce compartiment grâce aux mêmes bactéries. Il n’y a toujours pas de bactéries fibrolytiques donc pas de digestion de cellulose dans cet organe ! Enfin, l’intestin grêle est le principal lieu d’absorption des vitamines et des minéraux.

 – La dernière partie de la digestion se déroule dans le gros intestin. Les aliments y séjournent 24-48h selon la composition de la ration. Il constitue un milieu privilégié pour l’activité de nombreux micro-organismes rassemblés sous le nom de « microbiote ». Ce microbiote va effectuer la synthèse des vitamines du groupe B.
La digestion a lieu sous forme de fermentation grâce à des bactéries fibrolytiques, cellulolytiques (pour la cellulose), amylolytique (pour l’amidon) et protéolytiques (pour les protéines). La digestion de la cellulose donne des acides gras volatils qui vont fournir de l’énergie au cheval.

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Ce que l'on en déduit

Attention aux obstructions œsophagiennes à cause de l’étroitesse de ce conduit.

Les aliments riches en fibres sont bénéfiques à la santé et au bien-être du cheval.

Limitez les périodes de jeûne prolongé (> 4h) et favorisez un accès en continu aux fourrages pour stimuler la production de salive et ainsi limiter l’acidité naturelle de l’estomac.

Fractionnez les repas afin de ne pas surcharger l’estomac, de lui laisser le temps d’amorcer la digestion et de se vidanger.

Evitez les repas de concentrés volumineux, fractionnez les repas de concentrés pour limiter les risques d’acidose liés à un apport d’amidon trop important. Distribuez les repas de concentrés après le fourrage pour que le fourrage tapisse l’estomac, limite l’acidité et afin de laisser le temps aux concentrés d’être digérés.

Attention, en cas d’excès d’amidon et de sucres solubles dans la ration, une quantité résiduelle peut rejoindre le gros intestin sans être digérée auparavant. Ce phénomène est considéré comme l’une des principales causes de coliques et de diarrhées ! De plus, les aliments riches en amidon augmentent l’acidité de l’estomac et donc le risque de développer des ulcères gastriques !
Ne dépassez pas 1 g d’amidon par kg de poids vif et par repas.

Lorsque vous changez d’alimentation pour votre cheval, faites une transition progressive pour permettre au microbiote de s’adapter et aux nouvelles bactéries de croître afin de digérer au mieux le nouvel aliment.

Surveillez la consommation de paille, peu digestible car la forme du côlon prédispose le cheval à des coliques dues à la paille.

Enfin, un CMV (Complément Minéral Vitaminé) est essentiel pour équilibrer la ration de votre cheval !

D'un point de vue ostéopathique

Une alimentation déséquilibrée peut engendrer des carences, une activité trop importante de certains organes cités précédemment, des risques d’acidose, de coliques, de diarrhées, etc …

Lors de l’anamnèse, quand je recueille les informations sur votre cheval, je vous demande souvent s’il y a eu un changement de comportement, une agitation, des bâillements plus fréquents, des réactions +/- agressives notamment au sanglage, … Tous ces signes sont des signaux d’alarme d’une douleur viscérale chez votre cheval.

Viscères du cheval (R. Barone Tome 3)

En locomotion, votre cheval aura tendance à avoir des foulées courtes, des allures étriquées, une voussure marquée au niveau du rachis et/ou du bassin, … Tous ces observables sont en fait des adaptations de votre cheval afin de ne pas trop étirer la zone viscérale affectée et donc diminuer la douleur ressentie.

Lorsque nous avons des douleurs au ventre, en tant qu’humain nous nous recroquevillons sur nous-mêmes afin de limiter cette douleur. Les signes vus précédemment sont le moyen pour votre cheval de vous montrer et de vous signifier sa douleur.

Lors des tests ostéopathiques, il va fuir le contact afin de protéger cette zone, il peut également donner des coups de sabots, tenter de mordre, coucher les oreilles ou simplement s’agiter lors de la palpation d’une zone douloureuse.

Tout ce qui a été vu précédemment dans cet article peut engendrer des dysfonctions viscérales qui se traduisent par une perte de mobilité, les organes les plus touchés chez le cheval sont souvent l’estomac, le foie et le caecum. Si l’on tient compte de l’unité du corps, on comprend aisément qu’une dysfonction viscérale peut impacter le rachis (la colonne vertébrale), les membres, le crâne, … Lors de la manipulation ostéopathique, je vais pouvoir libérer les tensions au niveau des organes en dysfonction et leur redonner la meilleure mobilité possible. Je vais également corriger les dysfonctions secondaires et compensatoires de l’ensemble du corps de votre cheval.

Cependant, cela ne remplace pas le travail d’un nutritionniste qui va pouvoir vous aider à adapter au mieux la ration de votre cheval !

Sources : https://ifce.fr/, https://www.classequine.com/, enseignement en nutrition de l’IFOA, Robert Barone -Tome 3, https://www.techniquesdelelevage.fr/

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